Bonjour,
la date de l'article et ce qui y est écrit
(" la France sort de l'alcoolisme", grosso modo...) ne manquera pas de faire se souvenir aux plus vieux d'entre nous (
ceux de mon âge, en fait) du fameux décret de Pierre Mendès France de 1954 et du verre de lait qu'il nous fit boire à la suite, chaque matin, à l'école primaire.
Ce décret qui sous prétexte de lutter contre les ravages de l'alcool, supprima, en effet, ce ce que l'on appelait depuis un bon siècle le
"privilège des bouilleurs de cru" , ou dans le jargon des finances,
"l'allocation en franchise de droits indirects à concurrence de 10 litres d'alcool pur au profit ...des exploitants agricole
(les simples propriétaires de vergers, n'y avaient en fait pas droit, contrairement à une idée fort répandue).
Une mesure qui, en fait, ne visait qu'à faire de nouveau rentrer dans les caisses de l'Etat, l'impôt indirect en question, le gouvernement de l'époqoue cherchant déjà, comme beaucoup de ses successeurs, à équilibrer" le budget.
Pour la petite histoire, ce décret fit en fait "chou blanc" et seule l'introduction, au début de la V° République, de la fameuse
"clause du grand père" fit ranger la pratique au rang des souvenirs
(les "cranes d'oeuf qui sont eu la prétention de s'en attribuer la paternité lors de "la réforme de la SNCF ont montré, encore une fois, qu'ils n'ont pas de mémoire).
En clair, le privilège n'est subitement plus devenu transmissible aux héritiers, et les propriétaires
"d'alambic ambulant" étaient chargés de "faire la police" de ce point de vue.
Pas sur (et même certain) que cela ait empêché grand chose, la "désaffection sociale" pour les alcools forts, ou de cette nature, y ayant sans doute davantage contribué au fil du temps.
Mais ce qui est drôle, c'est qu'en dépit de ses 70 ans, la mesure n'a pas empêché qu'il y ait encore, aujourd'hui, de l'ordre de 60 à 70 000 "bouilleurs de goutte" qui profitent du "privilège", si l'on en croit en tout cas une discussion qui a eu lieu au Parlement en 2012, à ce sujet...
Et elle n'a pas non plus fait disparaître les "tournées d'alambics" comme l'a rappelé l'ami Stratus...
D'ailleurs, c'est heureux parce qu'une
"Fine ou un marc de bourgogne" distillé
"à l'usine", c'est moins bon...
