Un Pilou du P.O.
Posté : 21 nov. 2020, 06:41
Ou : " le retour de la Godivelle "…
Cet engin n'est certes pas une nouveauté, mais quelques-uns m'ont demandé d'en reparler, de parler aussi du "flickering fire" qui ne semble pas très usité chez nous... Quelques mots d'abord sur ce qui m’a conduit à construire cette machine d’aspect plutôt vieillot…
L'histoire commence, disons (on ne va pas remonter au déluge), en 1968, avec une photo parue dans LR : quelqu'un avait posé sur le tablier de la 2-231-E-22 un modèle en Zéro d'une Chapelon, non point Nord comme disait la légende, mais bien d'une 4-231-H (la machine dont "on" avait privé ma jeunesse). A la même époque, dans la même revue, Jean Florin décrivait la construction d'une 1-130-B qu'on pourrait sans problème mêler au haut de gamme actuel. Tout ceci paraissait bien inaccessible à l'adolescent que j'étais !
Un saut au début des années 90 : découverte (bien tardive, j'avoue) de "Voies Ferrées", retour modeste au modélisme abandonné depuis bien longtemps avec quelque kits en HO, ainsi que le projet d'une petite gare dans le Massif Central.
Et puis LE choc, brutal : JCR propose un kit de Chapelon tourangelle en O. Changement d'échelle, immédiat, sans retour !
Encore fallait-il quelque chose à me mettre sous la dent, parce qu'un premier set de kit JCR, ce n'est pas très affriolant ! Par chance, il y avait la 4-141-TA CMPM, dont le kit était disponible en entier, avec la photo, dans VF, d'une machine montée, pas vraiment satisfaisante. Il allait donc falloir bricoler un peu...Le résultat fut présenté dans le n° 99 de V.F. Nombreux défauts bien entendu mais le principal est apparu bien plus tard : cette machine n’est pas à l’échelle ! Exit, plus tard, la double traction rêvée avec une TA AMJL…
Avec tout ça, il fallait un réseau. Le choix entre un réseau de jardin, qui aurait pu être immense, et un espace de 6 x 1 m fut vite fait, au profit du second – bien m’en a pris ! Que loger là-dedans ? La plus modeste station d’une ligne de montagne ne tenait pas, par contre une modeste annexe traction était possible, imaginaire bien entendu. Aux confins plaine – montagne (la Pacific et le Cul de Bateau) et, tant qu’à faire, à la limite P.O. – P.L.M. pour profiter à l’occasion des faveurs (indues, s'pas Pierre !) accordées par le modélisme à ce dernier réseau…
D’où quelque inspiration prise le long de l’axe Bourbonnais – Cévennes : Cosne, St Germain des Fossés (pas encore la montagne !), Clermont (pas vraiment une annexe !), Arvant… et mon annexe serait d’avantage d’obédience P.O. Un pont tournant "borgne" à une extrémité (pas d’encombrante rotonde) comme à St Germain, une remise à deux voies à l’autre extrémité (un opportun modèle de Daniel Coutier). Tout ceci est encore en construction…
Cela me débarrassait du même coup du problème des wagons (quelques tombereaux et citernes suffiraient…) et pire des voitures : de quoi faire une rame de 15 pour la Chapelon, effrayant ! D’autant que celles qui m’auraient vraiment intéressé n’existaient – et n’existent pas pour la plupart, bien que ça bouge actuellement, merci ocem31 ! – : métallisées P.O. à bogies, OCEM soudées, OCEM rivées C10 Midi, fourgon OCEM 29… Bien m’en a pris là aussi, car en trente ans je n’ai réussi à monter qu’un unique kit de wagon – un tombereau OCEM J.C.R. – mais qui n'est pas encore peint !
Mais qui dit dépôt ou même annexe dit machine de manœuvre et là un engin s’imposait, inséparable des machines et dépôts P.O. – voir les photos et le frontispice de "Sénateurs et Reines de Tours" de M. Maillet, dessiné par Delarue–Nouvellière : la 4-030-TC, ex 1031- 1074 P.O. dite "Pilou"… Ce qui bien sûr allait imposer d’en venir à la construction intégrale !
Unique modèle de cette machine en Zéro, à ma connaissance, elle a quand même à cette échelle deux cousines : la 1001 du P.O. qui circule sur les réseaux anglais "Courcelle Part" et "Allendenac" - ce dernier avec la spectaculaire reproduction à l’échelle du viaduc de Rouzat - et dont j’ignore le constructeur et une machine de la série 0901 à 0948 (série VII) de l’Est construite par Jean Florin. Ces dernières avaient toutes disparu des effectifs à la création de la SNCF, mais certaines ont survécu, paraît-il, dans des entreprises privées.
Revenons au P.O. : nées comme machines de gare dites "Petit Modèle", elles ont terminé leur carrière à la manœuvre dans les dépôts, tardivement puisqu’on en trouve encore en bon état, sinon en feu, au dépôt de Vierzon au début des années 60 (voir une vidéo sur le sujet sur Youtube).
Et cette histoire de "Godivelle" ? C’est le nom, provisoire – il l’est toujours, que j’avais donné à mon annexe traction, l’article s’intitulant "Le Petit Modèle de la Godivelle". Ce nom a glissé, "à l’insu de mon plein gré" comme disait l’autre, à la machine elle-même… mais il n' a pas de raison d'être.
(à suivre...)
Cet engin n'est certes pas une nouveauté, mais quelques-uns m'ont demandé d'en reparler, de parler aussi du "flickering fire" qui ne semble pas très usité chez nous... Quelques mots d'abord sur ce qui m’a conduit à construire cette machine d’aspect plutôt vieillot…
L'histoire commence, disons (on ne va pas remonter au déluge), en 1968, avec une photo parue dans LR : quelqu'un avait posé sur le tablier de la 2-231-E-22 un modèle en Zéro d'une Chapelon, non point Nord comme disait la légende, mais bien d'une 4-231-H (la machine dont "on" avait privé ma jeunesse). A la même époque, dans la même revue, Jean Florin décrivait la construction d'une 1-130-B qu'on pourrait sans problème mêler au haut de gamme actuel. Tout ceci paraissait bien inaccessible à l'adolescent que j'étais !
Un saut au début des années 90 : découverte (bien tardive, j'avoue) de "Voies Ferrées", retour modeste au modélisme abandonné depuis bien longtemps avec quelque kits en HO, ainsi que le projet d'une petite gare dans le Massif Central.
Et puis LE choc, brutal : JCR propose un kit de Chapelon tourangelle en O. Changement d'échelle, immédiat, sans retour !
Encore fallait-il quelque chose à me mettre sous la dent, parce qu'un premier set de kit JCR, ce n'est pas très affriolant ! Par chance, il y avait la 4-141-TA CMPM, dont le kit était disponible en entier, avec la photo, dans VF, d'une machine montée, pas vraiment satisfaisante. Il allait donc falloir bricoler un peu...Le résultat fut présenté dans le n° 99 de V.F. Nombreux défauts bien entendu mais le principal est apparu bien plus tard : cette machine n’est pas à l’échelle ! Exit, plus tard, la double traction rêvée avec une TA AMJL…
Avec tout ça, il fallait un réseau. Le choix entre un réseau de jardin, qui aurait pu être immense, et un espace de 6 x 1 m fut vite fait, au profit du second – bien m’en a pris ! Que loger là-dedans ? La plus modeste station d’une ligne de montagne ne tenait pas, par contre une modeste annexe traction était possible, imaginaire bien entendu. Aux confins plaine – montagne (la Pacific et le Cul de Bateau) et, tant qu’à faire, à la limite P.O. – P.L.M. pour profiter à l’occasion des faveurs (indues, s'pas Pierre !) accordées par le modélisme à ce dernier réseau…
D’où quelque inspiration prise le long de l’axe Bourbonnais – Cévennes : Cosne, St Germain des Fossés (pas encore la montagne !), Clermont (pas vraiment une annexe !), Arvant… et mon annexe serait d’avantage d’obédience P.O. Un pont tournant "borgne" à une extrémité (pas d’encombrante rotonde) comme à St Germain, une remise à deux voies à l’autre extrémité (un opportun modèle de Daniel Coutier). Tout ceci est encore en construction…
Cela me débarrassait du même coup du problème des wagons (quelques tombereaux et citernes suffiraient…) et pire des voitures : de quoi faire une rame de 15 pour la Chapelon, effrayant ! D’autant que celles qui m’auraient vraiment intéressé n’existaient – et n’existent pas pour la plupart, bien que ça bouge actuellement, merci ocem31 ! – : métallisées P.O. à bogies, OCEM soudées, OCEM rivées C10 Midi, fourgon OCEM 29… Bien m’en a pris là aussi, car en trente ans je n’ai réussi à monter qu’un unique kit de wagon – un tombereau OCEM J.C.R. – mais qui n'est pas encore peint !
Mais qui dit dépôt ou même annexe dit machine de manœuvre et là un engin s’imposait, inséparable des machines et dépôts P.O. – voir les photos et le frontispice de "Sénateurs et Reines de Tours" de M. Maillet, dessiné par Delarue–Nouvellière : la 4-030-TC, ex 1031- 1074 P.O. dite "Pilou"… Ce qui bien sûr allait imposer d’en venir à la construction intégrale !
Unique modèle de cette machine en Zéro, à ma connaissance, elle a quand même à cette échelle deux cousines : la 1001 du P.O. qui circule sur les réseaux anglais "Courcelle Part" et "Allendenac" - ce dernier avec la spectaculaire reproduction à l’échelle du viaduc de Rouzat - et dont j’ignore le constructeur et une machine de la série 0901 à 0948 (série VII) de l’Est construite par Jean Florin. Ces dernières avaient toutes disparu des effectifs à la création de la SNCF, mais certaines ont survécu, paraît-il, dans des entreprises privées.
Revenons au P.O. : nées comme machines de gare dites "Petit Modèle", elles ont terminé leur carrière à la manœuvre dans les dépôts, tardivement puisqu’on en trouve encore en bon état, sinon en feu, au dépôt de Vierzon au début des années 60 (voir une vidéo sur le sujet sur Youtube).
Et cette histoire de "Godivelle" ? C’est le nom, provisoire – il l’est toujours, que j’avais donné à mon annexe traction, l’article s’intitulant "Le Petit Modèle de la Godivelle". Ce nom a glissé, "à l’insu de mon plein gré" comme disait l’autre, à la machine elle-même… mais il n' a pas de raison d'être.
(à suivre...)